Sexisme, phallocratie: à quand l’émancipation émotionnelle?

sexisme et phallocratie

Dickhead by littlecrow on DeviantArt.com

Sexisme et phallocratie

Petit garçon désignant ses testicules: “Dis maman, c’est mon cerveau?”
Maman: “Pas encore mon chéri… pas encore…”

Notre histoire nous enseigne que la phallocratie domine le monde depuis des millénaires. Où que nous dirigions notre regard critique, nous ne pouvons que constater avec consternation les abus de confiance et de pouvoir exercés par la gent masculine.
Le machisme, le sexisme, la vulgarité, la grossièreté, la violence, l’agressivité, la condescendance, la tromperie, la manipulation, l’égocentrisme, la soif d’omnipotence, la compétition, la concurrence, le harcèlement sexuel et le mensonge sont des caractéristiques qui n’élèvent le mâle guère au dessus du comportement bestial le plus instinctif.

Je présente mes excuses, car en écrivant cela, je risque d’insulter le règne animal…

Même dans les pays nordiques, réputés pour être les plus développés socialement, le sexisme et la phallocratie font rage!

Cependant, je vous donne raison, j’aurais tout aussi bien pu écrire un billet sur la discrimination en général, car le sexisme et la phallocratie n’en sont qu’un cas particulier. Pourtant, vous pourrez constater que les remèdes de ce cas particulier peuvent tout aussi bien s’appliquer au cas général.

Je continue donc avec ce sujet qui me tiens très à coeur. 🙂

Pô fier d’être un mec!

Appartenant au groupe des hominidés masculins, j’ai logiquement intégré les clans de garçons durant ma scolarité primaire. Par contre, à partir de ma scolarité secondaire, j’ai commencé à ressentir une grande confusion qui n’a fait que grandir depuis.
J’ai toujours été au clair sur mon hétérosexualité, donc je ne souffrais pas de différence à ce niveau-là. Non, ma souffrance de situait à un niveau tout autre.

Timide dans mon jeune âge, je me suis trouvé rapidement confronté à l’expression de la testostérone dans tout ce qu’il y a de plus brut et de plus grossier. Je n’ai jamais compris l’attirance pour la compétition, la grossièreté et la vulgarité dans les actes et les paroles concernant les femmes, les beuveries sans lesquelles il semble impossible de s’amuser, les innombrables heures passées proches d’une voiture ou d’une moto, la bière et les matchs de foot ou de hockey, se casser la gueule ou frapper à la moindre occasion, enfin tout ce qui constitue le stéréotype du mec standard quoi.

Non, tout cela ne me disait rien et cela me déconcertait d’appartenir à ce groupe auquel j’étais incapable de m’identifier.

Non, je ne suis pas fier d’appartenir de fait à ce groupe qui se fait précéder de sa réputation malheureusement fichtrement bien méritée!!!

Si on souhaite savoir ce qui arrive si on pousse ces comportements dans leurs extrêmes dans la vie de tous les jours, il suffit de consulter les médias. On y trouvera les différences de salaires à travail égal, les viols de tout genre, l’esclavage et la traite des femmes, la violence morbide et tout ce qui peut être réalisé grâce à la passivité criminelle de la gent masculine.

Non, je ne suis vraiment pas fier de l’étiquette que mon genre porte à cause des millénaires d’injustices dont il est responsable…

Héritage génétique?

Mais alors, d’où provient ce comportement?

S’agit-il d’une tare génétique?

La vérité selon Patrick… Je ne peux me targuer d’avoir lu Freud et Jung, mais je crois posséder un bon sens bien affûté.

S’il s’agissait d’une tare génétique qui prédispose tous les mecs à devenir ainsi, l’ultra-libéralisme aurait le dilemme cornélien entre gagner des milliards pour commercialiser une thérapie génétique et garder la situation telle quelle pour conserver les rennes du pouvoir…

Non, ce n’est pas en génétique qu’il faut aller chercher la cause, mais une fois de plus dans la gestion de ses émotions.

Tout comportement discriminatoire a pour origine une souffrance dont on n’a jamais pris soin.

Autrement dit, tout ces gaillards qui vomissent leur prétendue supériorité autour d’eux ne sont rien d’autre que de petits enfants blessés et apeurés qui n’ont jamais appris à gérer leurs émotions d’une autre façon qu’avec leur bite et la violence animale qui s’en suit.

Le féminisme est une réaction à cette oppression innommable qui dure depuis bien trop longtemps. Cependant, je suis d’avis que le féminisme manque de recul dans sa démarche pour réellement résoudre le problème à sa racine.

Remède holistique

Aujourd’hui, il est archi-faux de croire que notre civilisation peut évoluer grâce à la technologie et grâce à la croissance économique!

La prochaine révolution qui doit avoir lieu pour que l’être humain évolue enfin doit être émotionnelle!

Vous n’allez pas faire évoluer un homme de Néanderthal en remplaçant sa massue par un smartphone… et pourtant il y a tout un pan de la société qui y croit dur comme fer!!!!

La société de consommation est abrutie par ses pratiques.

Il est grand temps de comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’attendre que l’économie s’améliore ou que la pétro-pharma-industrie fasse des progrès pour améliorer la condition humaine! Nous ne sommes pas aussi dépendants de l’économie, de la médecine, de l’industrie et de la technologie comme on cherche inlassablement et mensongèrement à nous le faire croire!

Nos émotions nous appartiennent et il est urgent de s’émanciper pour faire cesser cette instrumentalisation et cette endoctrination qui nous excise de nos émotions et prend nos émotions en otage!

Remarquez que je n’ai encore fait aucune distinction entre femme et homme dans ce chapitre.
Je n’ai fait encore aucune distinction, car il n’y a pas de distinction à faire!!!!

Quand on nous balance un débat, on nous pose les pro d’un côté et les anti de l’autre. C’est bien. Ça assure de l’animation et un taux d’audience record. Par contre, jamais il n’y aura de conclusion qui permette d’apporter une solution au problème, ça n’est jamais le but recherché.

Le féminisme est, de part sa définition, le pôle opposé du sexisme masculin. Cependant, en ne réagissant qu’avec des mesures qui se situent au même niveau, il est difficile d’éradiquer le ma(â)l(e) à sa racine (permettez moi le jeu de mots).
Le féminisme défend les femmes, donc il parle des femmes, des filles, des relations mère-fille. Cependant, il n’est jamais possible de résoudre un problème si on ne considère pas tous ses aspects. En l’occurrence, je veux bien sûr parler des hommes (même si on en a sûrement déjà bien assez parlé!).
Par conséquent, si on veut apporter une solution durable à la discrimination de la femme – et par-là même éliminer le sexisme masculin et la phallocratie – il est indispensable de s’élever d’un cran et de considérer toutes les parties.

Défi lancé aux mères et aux mecs “comme moi”

Si ma mémoire est bonne, je crois me rappeler qu’un mec sexiste a tout d’abord été un petit garçon.

Qui est mieux placé qu’une mère pour transmettre des valeurs de respect et d’équité aux enfants et en particulier aux garçons?

Une erreur gravissime que j’observe encore et toujours est quand une mère frustrée parle à sa fille ou son fils et dit: “Tu vois, les mecs sont comme ça et on ne peut rien y changer.”
De même, quand un père sexiste parle à ses enfants: “Les femmes! Elles ne sont bonnes qu’à nettoyer et faire des enfants!”.

Là, est la racine!!!

Il est essentiel d’enseigner des valeurs saines aux enfants dès leur plus jeune âge et de casser ce cercle vicieux!!!

Non, le mal n’est pas hérité génétiquement, mais hérité verbalement!!!

Qui sont plus qualifiés pour répandre des valeurs saines que des gars comme moi qui ne se sont pas laissés emporter par ces valeurs sexistes masculines hypocrites?

Il faut pour cela oser accepter en soi ce qu’on veut répandre autour de soi. L’équilibre entre féminin et masculin (anima-animus, yin-yang, …) doit aussi se faire à l’intérieur de soi. Ainsi, encore juste un peu de courage est nécessaire pour défendre ces valeurs dans son quotidien auprès des personnes que l’on côtoie.

Aucune leçon n’est mieux transmise qu’en la vivant par l’exemple.

Oserez-vous devenir un exemple?

Les jeunes en pleine crise d’identité… au même titre que les adultes.

Identity I by MoOnshine90 on DeviantArt.com

Identity I by MoOnshine90 on DeviantArt.com

L’autre jour, je suis allé à la piscine couverte que je fréquente depuis quelques années. En entrant dans le hall de la réception, je vois un affichage numérique qui demande de s’essuyer dans les locaux humides afin de laisser les vestiaires aussi secs que possible. Je passe le portillon et entre dans les vestiaires. D’un côté, tout paraît bien ordré mais de l’autre, une grosse flaque s’étale le long d’une dizaine de casiers. Deux jeunes ados sont là, le premier habillé, assis en train de pianoter sur son smartphone, le second finit de se rhabiller.
Ma réaction spontanée est de penser que ce sont eux les auteurs de ce désordre, puis je reviens sur mon jugement et me dit que bien des gens passent par ici et que les apparences peuvent être trompeuses.
Je les salue et commence à me changer. Le second jeune, une fois habillé, se dirige vers les douches et il interpelle en français une femme qui nettoie les sols. Elle répond en allemand. Je ne vois pas la scène, mais les entends.

Jeune: “Salut Madame, je veux juste prendre de l’eau, j’peux passer?”
Femme: “Non, non, c’est interdit avec les souliers!”
Jeune: “Allez Madame, j’veux juste prendre de l’eau!”
Femme: “Non, va dehors, il y a des toilettes dehors.”
Jeune: “Allez Madame! C’est juste de l’eau!”
Femme: “Non, non! Ohhhhh!”
Jeune: “Merci Madame!”

Je suis changé à présent et me dirige vers les douches. Je réfléchis à ce que j’ai entendu et me dit que je ne peux pas simplement ignorer ce qui vient de se passer. Donc, je bifurque vers les toilettes et interpelle à mon tour le jeune. N’ayant aucun contact avec des ados d’habitude, je n’attends pas grand chose de mon intervention hormis acquérir un brin d’expérience…

Moi: “Dis-donc, t’as pas compris ce que la dame t’as dit?”
Jeune: “Ça vas pas Meussieu?”
Moi: “C’est crade de venir avec des chaussures ici.”
Jeune: “C’est son travail Meussieu!”
Moi: “C’est pas ça le problème, j’accepte pas que tu viennes avec tes chaussures ici!”

Et là, la discussion part en vrille, car il ne m’écoute plus, il parle en même temps que moi pour me couper la parole et me fuit du regard. Bref, un fiasco cuisant quoi.

Cet épisode m’a rappelé une prof’ qui me parle régulièrement de la difficulté quotidienne pour le corps enseignant de se faire respecter, de la frustration occasionnée, de l’énergie dépensée et de la fatigue écrasante en fin de journée.

Aujourd’hui, nous faisons face chez les jeunes à un cocktail de cultures et de religions, à un héritage de l’éducation libre héritée de nos aïeux soixante-huitards, à l’obsession compulsive de certains parents de planifier chaque minute de libre de leurs chéris, à la résignation des parents eux-mêmes dépassés par un rythme de vie en constante accélération, à la technologie illimitée et sans censure ouverte sur le monde qui s’invite chez un public de plus en plus jeune et à l’exemple donné par de prétendus adultes gérant notre système économique en outre-passant systématiquement et avec préméditation les règles de bon fonctionnement définies dans notre société.

Alors dans ces conditions, comment voulez-vous que les jeunes trouvent leurs repères et se forment leur identité?

Notre société – comprenez “nous tous” – ne leur transmet pas de valeurs justes auxquelles se raccrocher et trop peu de modèles sains auxquels s’identifier.
Au lieu de ça, nous les bombardons de publicités abrutissantes et de médias infantiles de pseudo-héros tout-puissants qui ne font qu’exacerber leur désir insatiable d’enfant de flatter flatter son ego.

Vous vous trouvez ici devant la formule parfaite pour créer un univers mercantile de consumérisme à outrance.

Comment faire alors pour encadrer nos jeunes générations et leur enseigner le respect?

Il fût un temps où les profs utilisaient une règle carrée pour taper sur les doigts en guise de punition et où les passants tiraient les oreilles de garnements effrontés pour les rappeler à l’ordre. De nos jours, les maîtresses se font traiter de “putes retraitées” sans plus avoir les outils pour forcer le respect et les gens de la rue détournent le regard et fuient une scène de violence à trois contre un par peur de représailles.
Ce sont là deux époques extrêmes à l’opposé l’une de l’autre dans lesquelles il ne fait pas bon vivre du tout.

Il est temps que tous les acteurs de notre société grandissent et deviennent adultes afin d’assumer enfin leurs responsabilités.
Il est temps que les adultes se réapproprient le rôle qui est le leur et rappellent à celui qui pose ses pieds sur le siège du train de les retirer, à celui qui importune autrui de le laisser tranquille, à celui qui traverse en dehors des passages cloutés de les emprunter et ainsi de suite, sans oublier surtout de prêcher par l’exemple!

Il ne s’agit absolument pas de jouer aux flics, mais bien de former avec tous les adultes, parents, enseignants, passants, promeneurs, voyageurs et observateurs un groupe uni face aux jeunes pour qu’ils reconnaissent les valeurs et les modèles que nous voulons leur transmettre.

Quand ferons-nous enfin le pas?