L’Amérique, l’image du futur?

Long live America by Elias-Chatzoudis on DeviantArt.com

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Il me semble qu’il s’est greffé dans l’inconscient collectif que l’Amérique, le rêve américain représente le futur de nos sociétés.

Tout posséder, travailler toute la semaine, tous les weekends (tiens, paradoxal que le mot soit anglophone…), sans vacances, atteignable sept jours sur sept, vingt quatre heures sur vingt quatre, s’endetter pour avoir toujours plus, toujours plus grand, toujours plus beau, toujours plus en quantité et toujours moins en qualité, exploiter et piller les ressources jusqu’à ce qu’elles disparaissent à jamais, modifier la matière jusqu’à la contaminer, la dégrader, la souiller, la rendre impropre à la consommation, dangereuse, nocive, létale, manipuler l’information pour cacher cette soif insatiable de pouvoir, de domination, de cupidité, de mercantilisme jusqu’à en faire souffrir ses propres citoyennes et citoyens et les endetter à vie, entretenir des guerres par tous les moyens possibles et imaginables pour s’assurer l’hégémonie des matières premières consommées à outrance, pousser ses idéaux à l’extrême en les soutenant d’un déferlement technologique sans bornes donnant un très mauvais arrière-goût de créateur omnipotent et sans scrupules, non content de plier la nature à la volonté de l’homme il faut aussi élaborer des règles immensément complexes dans la finance et la législation pour brouiller toutes les pistes et s’armer contre l’être humain lui-même, faire pérenniser une multitude de coutûmes religieuses pour aussi contrôler l’esprit et l’âme des gens… Tous les subterfuges sont déjà appliqués depuis bien longtemps…

Hé! Ho! Réveillez-vous! Ça n’est pas l’exemple à suivre, c’est l’exemple à ne pas suivre!

Les États-Unis d’Amérique sont nos maîtres: ils nous enseignent par le contre-exemple ce qu’il ne faut pas faire. D’ailleurs, beaucoup d’américains ont eux-mêmes compris que ce n’est pas la bonne voie et réagi en conséquence. Mais ce ne sont pas les seuls.

On voit émerger aux quatre coins du globe des groupes de plus en plus nombreux qui développent des solutions de vie, de commerce, de travail, d’échange, de production et de distribution de nourriture, d’enseignement et d’apprentissage, de soutien et d’accompagnement à l’opposé de cet ultra-libéralisme auto-destructeur.

Ces approches et ces méthodes sont locales, apolitiques, innovantes, ingénieuses, bon marché, simples, durables, respectueuses de la vie, laïques, basées sur l’initiative personnelle dénuée de toute intention de grand profit à très court terme.

Elles sont là! Elles existent! Il suffit de vouloir s’y intéresser pour y participer et contribuer personnellement à créer le monde parfait de demain!

Non. Le futur n’appartient pas aux États-Unis d’Amérique.

Cessons dès aujourd’hui d’alimenter cette croyance!

Le futur appartient à toutes les citoyennes et tous les citoyens de la planète qui ont le courage d’entreprendre ce qui est juste et de tenir tête aux mafias, aux multinationales, aux politiques, aux fonctionnaires, aux agents de police, aux juntes, aux géants pétro-nucléo-chimiques manipulateurs, démagogues et corrompus qui utilisent sans vergogne tous les moyens pour atteindre leurs objectifs macabres!

Le futur vous appartient à vous, à moi et à nos enfants!

Dois-je toujours faire tout ce dont je suis capable?

Mad Scientist by thegryph on DeviantArt.com

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L’être humain est curieux, mais aussi, à la différence de ceux qu’on catégorise comme étant des animaux, il serait seul doué de conception et de vision et ce sont ces facultés qui permettraient de le distinguer d’eux. Cependant, là n’est pas mon propos. L’être humain est, de part ces facultés, naturellement porté à satisfaire sa curiosité. De fil en aiguille, une réponse engendre une autre question et de chaque réponse naît, un jour ou l’autre, un produit.

Le nom que l’on donne à l’ensemble des disciplines qui tentent de répondre aux questions de l’être humain est la science. Selon le Larousse, la science est l'”Ensemble cohérent de connaissances relatives à certaines catégories de faits, d’objets ou de phénomènes obéissant à des lois et/ou vérifiés par les méthodes expérimentales.

Et bien sûr, la science ou plus justement les sciences s’en donnent à coeur joie de trouver des réponses et de multiplier les questions. Je ne juge pas, car ayant moi-même suivi une filière scientifique, j’adore décortiquer les sujets, mais là non plus n’est pas mon propos.

Non, mon propos aujourd’hui concerne la capacité de ces sciences à générer ces produits. Ces produits qui parfois nous sauvent la vie, comme ce défibrillateur cardiaque, mais qui parfois nous la subtilise, comme ces déchets chimiques rejetés impunément.

Aussitôt qu’une réponse est trouvée par la science, les entreprises s’empressent de faire fructifier cette découverte qui a somme toute coûté cher au département de R&D et dont les retombées financières ne sauraient que réjouir les actionnaires, pardon, les investisseurs.

Je ne mets pas en doute le sérieux de la majorité des chercheurs qui suivent scrupuleusement toutes les procédures protocolées, bien qu’on y trouve soit dit en passant, comme dans toute population, le mensonge, la fraude, les jeux et l’abus de pouvoir.

Isolément donc, j’observe que la science respecte le code de sérieux qu’elle prône. Malheureusement, elle semble inextricablement être pris en otage par le système économique dans lequel elle s’épanouit et qui lui fournit ses ressources.

Alors, si je dézoome, si je prends de l’altitude, si je me mets à la place d’un observateur distant qui analyserait la somme et la progression de toutes ces actions, je constate qu’on est face à une ribambelle de très jeunes enfants mûs par leurs instincts les plus primitifs et qui viennent tout juste de découvrir le feu.

Un parent responsable parle à l’intégralité de ses enfants pour leur expliquer les risques, mais aussi les bénéfices et leur définir les règles d’utilisation de ce feu. Il ne va pas uniquement chuchoter à quelques uns et expérimenter sur les autres, mais il va leur parler lentement et clairement à haute voix et s’assurer que chacun d’entre eux ait compris son explication pour souligner les conséquences du jeu avec ce feu.

Je vois dans notre monde une multitude de groupes d’enfants orphelins qui se sont créés leurs propres règles. Ces règles sont assez élaborées pour donner l’illusion d’avoir été créées sous la supervision sage d’un adulte. Cependant, elles ont été spécialement mises sur pieds pour tout permettre ce qu’aucun adulte sage, responsable et sain de corps et d’esprit n’aurait jamais permis: se faire volontairement du mal, blesser autrui à dessein, détruire le vivant, forcer la nature à sa volonté, annihiler sa seule source de survie…

Il manque manifestement de la maturité et par conséquent une surveillance parentale à ces groupes d’enfants qui expérimentent absolument tout ce dont ils sont capables et que leurs caprices leurs dictent.

Nous sommes tous capables d’une quantité impressionnante de choses, mais le fait d’en être capable justifie-t-il le droit absolu de passer à l’acte?