Manque d’abstraction et de simplicité des médias!

manque d'abstraction et de simplicité

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Médias pédants

Les médias classiques nous pondent des articles, des reportages, des émissions, des débats et des points de vue qui sont bien trop régulièrement incompréhensibles au commun des mortels, car en étant pédants ils manquent crucialement ou d’abstraction ou de simplicité et souvent même des deux.
Quand on nous assène des citations latines ou des références littéraires comme autant de coups de massue, il est inévitable que le message même qu’on voulait faire passer finira au mieux aux oubliettes ou au pire sera complètement déformé.
Est-ce peut-être justement le but recherché que d’embrouiller tartempion pour éviter qu’il finisse par comprendre et qu’il réagisse contre les intérêts en jeu?

Médias simplistes

Les nouveaux médias, le plus souvent gratuits et très facilement accessibles, se trouvent à l’opposé de leurs grand-parents en affichant des chroniques sans abstraction aucune et simplifiées à l’extrême pour coller au format du prêt à consommer en quelques minutes avant, pendant ou après sa journée de travail.
Ici on ne risque pas de passer à côté du message si parlant que même nos chères têtes blondes pourraient nous l’expliquer sans sourciller.
De nouveau, le but est-il vraiment de faire passer ce message ou au contraire d’en publier tellement qu’on finit par être noyé dans l’information et de ne plus voir ce qui se passe réellement?

Simplicité

Simplicité ne signifie nullement simpliste. La simplicité doit permettre à tout un chacun de comprendre le message même sans aucun degré de formation supérieure.
Pour simplifier il faut tout d’abord comprendre et connaître soi-même la matière afin de pouvoir la réduire à l’essentiel.
Puis, les mots utilisés doivent être compréhensibles pour la majorité.
Il est clair que plus on aborde un sujet pointu, plus il sera nécessaire d’acquérir un vocabulaire spécialisé. Pourtant, même dans ce cas, je reste persuadé qu’il est toujours possible de paraphraser ou d’imager dans le but d’adapter le niveau de langage au public cible, en un mot: vulgariser.

Abstraction

Quand je lis des informations, quand j’écoute des émissions radio ou quand je regarde des reportages, j’observe souvent que le sujet est cloisonné, parfois comparé ou confronté à un semblable ou un opposé, rarement traité à la racine et jamais remis fondamentalement en question en proposant d’autres voies de pensée.

Ce qui fait cruellement défaut dans notre société de surinformation, c’est la faculté d’abstraction qui permet situer un élément dans son contexte et de s’élever par rapport à celui-ci pour finir par saisir la vraie place qui lui appartient.

Exemple

A ce point, il est vital que j’illustre mes propos par l’exemple d’un sujet que je connais bien.

L’autre jour, j’écoutais une émission radio qui expliquait ce que signifiaient les différents codes que l’on trouve à côté de la qualité du signal de réception d’un cellulaire.
Les journalistes ont fait leur boulot dans le sens où ils ont énuméré les possibilités et expliqué leur signification. Cerise sur le gâteau, à la fin on nous conseillait de s’assurer de posséder l’appareil intégrant le support du meilleur réseau possible pour profiter du meilleur débit possible.

A priori, rien à redire.

Pourtant, si je fais appel à mon pouvoir d’abstraction, je note les éléments suivants.

Le canal de cette émission diffuse quotidiennement des sujets de courte durée et de toute nature et il est frappant de constater, particulièrement dans ce cas, qu’aucun renvoi n’est fait à d’autres émissions traitant des aspects de santé de l’électromagnétisme et de l’électro-smog que cela pourrait engendrer. Cela était peut-être un oubli du journaliste, mais ce genre de négligence arrive malheureusement régulièrement.

Ensuite, il y a le conseil de fin (appareil compatible avec les dernières normes de transmission) qui constitue non seulement une incitation directe à la surconsommation, mais soutien aussi indirectement l’explosion exponentielle de sources de rayonnement dans notre environnement.

Pour finir, si je monte dans mon hélicoptère et que je prends encore un peu plus de distance, je réalise qu’on se retrouve avec une myriade de micro-émissions prodiguant des centaines de conseils, de façon d’être, de manières d’agir qui, mises bout à bout, finissent par se contre-dire et par ne plus former de fil conducteur consistant.
Notez au passage que le flot de petites choses qu’il “faudrait” faire quelques minutes le matin, à midi et le soir et qui, si on n’en appliquait qu’une petite partie, finirait par nous remplir la journée entière…

Ceci était juste un exemple parmi tant d’autres. Ce qui me manque de façon générale, c’est une volonté et un effort d’abstraction qui permettrait justement de retrouver ce fil conducteur et cette cohérence de pensée. Ceci aurait pour but d’aider le public à se former une opinion en ayant une connaissance exhaustive et générique du contexte sans qu’aucun filtre ne vienne voiler la prise de décision.

Il est clair que dans ce genre de diffusion on ne se retrouve pas devant des journalistes engagés qui défendent une idéologie holistique (même si parfois ils le laissent entendre par leurs remarques) et qui guident le public. On est face à des personnes qui essayent maladroitement d’aider le public à se dépatouiller d’un système global dans lequel ils sont eux-mêmes embourbés jusqu’au cou.

Mais alors, on se couche par terre et on crie “Au secours!”?

Vous commencez à me connaître, alors bien sûr que non. Je ne vais pas vous dire ce que vous devez faire de votre vie ni comment vous devez vous y prendre, à moins que vous me le demandiez poliment. 🙂

Non, je souhaite juste que vous réalisiez que le vin qu’on nous sert a non seulement le goût de bouchon, mais est sérieusement empoisonné et que vous vous mettiez en quête d’un autre vigneron produisant un meilleur cru vendangé avec amour dans le plus grand respect des règles de l’agriculture biologique. 😉