Tu te laisses gagner par tes émotions!

propos émotionnels

Anger by LensicEye on DeviantArt.com

Attention, tes émotions te gagnent!

Que ce soit dans le cercle privé ou professionnel, qui n’a jamais entendu dire que ses propos étaient trop émotionnels, qu’il ne fallait pas se laisser emporter par ses émotions ou mieux qu’il fallait contrôler ses émotions?
Et c’est là qu’on se dit “Oups!” et qu’on aurait dû y réfléchir à deux fois avant d’agir ainsi et qu’il y a des chances qu’on aille même jusqu’à se culpabiliser du fait d’avoir osé révéler une quelconque émotion…
L’autre, forcément, est un exemple du genre pour moraliser et nous démontrer à la moindre occasion à quel point ses émotions sont maîtrisées pour ne pas dire réprimées. L’autre n’hésitera pas un instant à balayer du revers de la main quelque argument, preuve ou raison qu’on ait voulu soulever pour réduire la communication à un monologue unilatéral axé autour de sa suprématie et de notre faiblesse émotionnelle.
Toute notre énergie déployée pour manifester notre mécontentement est réduite à néant juste le temps de dire “Ouf!”.
L’autre, un, nous, zéro…

Les émotions du fond des âges

Je ne peux mettre en évidence là, de mémoire et sans recherche, quand, dans l’évolution de notre civilisation, les émotions sont devenues ou redevenues (restées?) taboues.
J’imagine facilement que les premiers hommes des cavernes ne trouvaient aucune gêne à exprimer leurs sentiments au moment où ils apparaissaient.

Quand cela a-t-il changé?

Quand les hommes sont devenus sédentaires et que les empires ont commencé à se construire avec à leur tête un dictateur magnanime qui n’hésitait pas à guillotiner toute personne ayant fait un pet de travers?

Peut-être que la question n’est pas “Quand?”, mais “Où?”.
Peut-être cela dépend-il de l’environnement dans lequel on se trouve, du niveau hiérarchique dans lequel on évolue, du secteur dans lequel on travaille ou du niveau social dans lequel on vit. Peut-être que l’humeur, le ton de voix, les circonstances et toutes les relations de dépendance y sont aussi pour quelque chose.

Quoi qu’il en soit – et probablement que cela est dû à un peu de tout ça – tout le monde gagne à ce que les émotions soient dévoilées au grand jour!

Ah, je sens poindre au fond de vous le scepticisme armé d’une ribambelle d’exemples pour me contredire. 🙂
Cependant, laissez-moi le temps d’étayer mon affirmation en exposant ma propre expérience.

Je ressens, donc je suis

Depuis des millénaires, enfin depuis que nous existons, tout dans notre corps doit circuler pour garantir son fonctionnement sain: la nourriture qui nous traverse pour être déféquée, la boisson qui est bue ensuite urinée et l’air qui est inspiré puis expiré. Il est manifeste qu’il suffit qu’une seule de ces fonctions s’arrête pour que la vie se termine aussitôt.

Mais alors, que nous dit notre bon sens concernant nos émotions?

Ces émotions font partie de nous au même titre que les fonctions vitales énumérées ci-dessus. Le principe est exactement le même, donc si nos émotions ne circulent pas, notre qualité de vie, voire notre vie elle-même, va indéniablement en pâtir.

Il est par conséquent essentiel de soigner la circulation de nos émotions tout comme nous sommes censés soigner la circulation de nos autres fonctions vitales.

Micro-guide du soin de nos émotions

C’est bien beau toute cette théorie, mais que faire quand on est sur le point de péter un câble?

Il n’y a pas de miracle, comme pour tout problème, il est d’abord nécessaire d’en prendre conscience. Et la durée de cette étape est propre à chaque personne. Mais si vous lisez ce billet, c’est que vous êtes déjà certainement sur la bonne voie! 😉

Puis, il est important d’apprendre à s’écouter, à s’observer et à se prendre le temps d’accueillir ses émotions quand elles se présentent. Ce n’est pas toujours possible de le faire le moment même. Dans ce cas, on peut se parler intérieurement pour reconnaître telle ou telle émotion et se faire la promesse qu’on s’accordera le temps de la laisser émerger un peu plus tard pour qu’elle fasse son chemin.

Le fait d’accueillir chaque émotion nous aidera à libérer l’énergie qu’elle véhicule pour éviter qu’elle ne s’accumule en nous et finisse par nous péter à la gueule comme une cocotte minute au moment le plus inopportun!

Ben voilà, en théorie ce n’est pas plus compliqué que ça!

Émotionnel(le)? Et alors?!?

À partir de là, il s’agira de cultiver ces moments d’attention pour anticiper toute explosion inconsciente. Et là j’insiste sur le terme “inconsciente”, car là se trouve la grande différence entre quelqu’un qui prend soin de ses émotions et quelqu’un qui n’en prend pas soin!

Eeex-emples! Eeex-emples!

Un supérieur ayant peu confiance en lui, craignant de perdre son poste et ayant atteint son niveau d’incompétence (niveau hiérarchique à partir duquel il n’est plus possible à une personne d’exercer sa fonction du fait de son manque de compétences) va tout faire pour toujours se retrouver dans une position dominante par rapport à ses subalternes. Il suffira d’un rien pour qu’il se mette en colère et hurle pour assurer son rôle de chef (tiens, tiens… j’ai déjà vu ce comportement dans des reportages sur des… groupes d’animaux…).
Ici, il est clair que les explosions de colère sont inconscientes, car elles sont dues à la peur constante qui tenaille cette personne.

Par contre, si je soigne mes émotions, je peux aisément me retrouver dans la situation suivante.

Je travaille consciencieusement et j’assure mes arrières à chaque étape en mettant de côté tous les courriels entrants et sortants. Je communique l’état d’avancement du projet dans une note hebdomadaire. Toutes les parties impliquées sont informées assez tôt des diverses étapes afin de pouvoir s’organiser et planifier leurs tâches.
À présent, si quelqu’un ne réagit pas à mes sollicitations et que de surcroît cette personne se permet au dernier moment de venir me mettre les bâtons dans les roues, je vais me mettre très en colère. Cependant, comme je soigne mes émotions, je vais canaliser cette colère afin de la transformer en outil constructif. Je suis conscient que cela me met en pétard et je laisse monter la sauce, mais je prends bien soin de respirer profondément et de me laisser le temps de réagir à cette situation.
Tout cela me permet de laisser circuler ma colère et en plus je me délecte de cet instant de pure énergie de vie!!!

Nous avons toutes et tous le droit inaliénable de ressentir toutes les émotions qui peuvent se présenter à nous! Absolument toutes!

On récapépète depuis le bédut!

Gardons toujours à l’esprit que les émotions font entièrement partie de notre nature humaine, donc les réprimer s’apparente à nier notre propre nature.

Cultivons et accordons-nous du temps émotionnel en respirant profondément, en s’observant et en s’écoutant pour laisser circuler nos émotions et ainsi anticiper toute explosion émotionnelle inconsciente.

C’est seulement ainsi que nous trouverons un véritable équilibre dans les échanges avec autrui et peut-être même, allez soyons fous, une piste pour réduire les conflits dans notre monde!

Grrrrrrroooooaaaaaahhhhhhh!!!!

Vie sans conscience n’est que ruine de l’âme!

Broken Window to the Soul by DestinyBlue on DeviantArt.com

Broken Window to the Soul by DestinyBlue on DeviantArt.com

J’adresse d’emblée mes plus plates excuses à feu François Rabelais pour avoir osé le plagier et extrapoler sa citation “Science sans conscience n’est que ruine de l’âme” à un domaine qui à mon humble avis couvre ainsi tout l’ensemble auquel il s’applique légitimement et aussi pour longtemps avoir cru que Blaise Pascal en était l’auteur… 😛

L’être humain n’évoluera que s’il développe sa conscience au point que chaque moment de sa vie soit vécue pleinement dans l’instant présent. Chaque geste, chaque pensée, chaque sensation, chaque situation doit être pleinement acceptée, accueillie dans le sens où, peu importe ce qui arrivera par la suite, il sera capable d’en assumer seul et entièrement les conséquences.

Ainsi, il est possible de s’approprier le choix d’éviter de se créer des regrets, des remords, de l’anxiété, de l’angoisse et de la culpabilité.

Je ne parle pas ici de pain béni qu’on espère naïvement voir tomber du ciel un jour, mais bel et bien de devenir activement seul responsable de sa vie en se donnant les moyens de vivre cet instant présent en pleine conscience. Cela n’est possible qu’aux seules conditions de se respecter, d’être honnête envers soi-même et de comprendre que l’on est seul responsable de son bonheur ou inversement de son malheur.

Cela peut de prime abord ressembler à de l’égoïsme, mais ça n’en n’est pas. Comment être généreux, faire preuve de compassion, soutenir quelqu’un dans le besoin, bref être présent pour autrui si nous négligeons nos propres besoins?
Nul autre n’est mieux placé que nous pour nous aimer exactement comme nous l’avons besoin et par conséquent prendre soin de nous-mêmes.

Comprenons-nous bien: il s’agit de l’objectif idéal vers lequel il est nécessaire de tendre, le but qu’il faut viser pour donner la certitude d’évolution à notre être.

Bien que notre culture, notre environnement, nos compétences, notre santé diffère d’un individu à l’autre, il naît en nous des sentiments qui constituent le dénominateur commun de toute l’humanité. Ils représentent le seul lien tangible qui nous unit. Sachant de plus que de nombreuses personnes ont suivi avec succès cette voie, cela constitue la preuve qu’en étant ainsi identiques, nous possédons toutes et tous la capacité, le potentiel de développer à notre propre rythme et avec nos propres moyens notre propre Conscience, mais à condition de poser l’intention d’atteindre cet objectif idéal.

Et vous? Quand aurez-vous la générosité de vous offrir votre propre Conscience?

Formater ses propres enfants?

Brainwash by ki-sane on DeviantArt.com

Brainwash by ki-sane on DeviantArt.com

Quand j’entendais les parents parler de leurs craintes, alors que je n’avais pas d’enfants, au sujet de leurs rejetons qui sortaient de leur nid pour débuter l’école, cela me faisait sourire. Je me disais que quand cela sera mon tour, je montrerai l’exemple du papa qui fait sereinement confiance à la vie et à son enfant pour qu’il apprenne petit à petit à faire partie de ce que l’on nomme la société. Ça, c’était ma vision théorique…

Aujourd’hui, je tends encore et toujours vers cette vision. Par contre, je me trouve en outre confronté, comme tout parent, à chercher en permanence des solutions pratiques adaptées à mon enfant et aux défis quotidiens que nous offre la vie pour évoluer.

Ayant entamé depuis quelques années déjà une démarche personnelle pour (re-)développer ma conscience afin de vivre dans l’instant présent, je me vois pris au dépourvu quand je réalise ce qui suit.

Mon fils est ce qu’on peut appeler un lambin dans le langage de jugement de tous les jours. Il se prend le temps de tout faire ce qu’il fait avec très grande attention, sans se laisser distraire de son action en cours: il se réveille à son rythme en faisant des câlins, il prends sa douche en se lavant et en se rinçant soigneusement, il s’habille méthodiquement en s’assurant qu’il sera à l’aise pour la journée, il prends son petit déjeuner avec moi en me racontant de façon détaillée ses aventures et mésaventures, il se lave les dents avec insistance pour éliminer toutes les petites bêtes qui pourraient sinon lui causer des caries…

Et cela se passe toujours ainsi avant d’aller à l’école… avec une horloge qui se moque bien de tout cela avec son impitoyable tic tac, tic tac…

Me voilà en tant que parent qui a pour responsabilité, entre autres choses,  d’enseigner la ponctualité pour garantir une intégration parfaite de mon enfant dans notre société chronophile et chronophage. Donc, je donne le rythme,  je dirige, je contrôle, je pousse, je gronde, je joue au jeu du bâton et de la carotte, je sanctionne…

Et là, je réalise soudain… Je réalise que je me vois dans l’obligation de désapprendre à mon fils ce que moi, à passé quarante ans, je tente à coup de grands efforts de réapprendre: vivre dans l’instant présent pour me réapproprier mon existence.

Accepterez-vous de formater vos enfants dans ce moule à cause duquel la majorité des gens finissent par nier leur propre personnalité lumineuse et, par voie de conséquence, se retrouvent déprimés sans réellement savoir pourquoi?

Bonne méditation.