Politique, industrie, religion, où se cache la philosophie?

Philosophie

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Absence de philosophie!

Dans notre société occidentale tout comme dans les sociétés moyen-orientales et orientales, la politique est gérée par un nombre relativement restreint de partis.
En occident et en extrême-orient, nous avons l’illusion de la liberté de choix avec par exemple tous les micro-partis politiques en Suisse et les deux camps républicains et démocrates aux États-Unis et ainsi de suite. Si bien qu’au final, nos choix se trouvent restreints à plus ou moins la gauche et la droite qui – tant bien l’une que l’autre – ne reculent devant aucun compromis tant que l’économie (et souvent aussi les organisations mafieuses) qui les finance gracieusement s’en voit juteusement récompensée.
Le moyen-orient et l’orient ont pour mérite, même si bien sûr je ne prône pas non plus leur système, de ne pas être hypocrites en affichant clairement leurs inclinations totalitaire et dictatoriale.
Le sud est par contre manifestement maintenu de force dans le chaos des guerres civiles soigneusement orchestrées par les anciens colonisateurs et “global players” pour pratiquer, sans scrupule aucun, l’exploitation de toutes les ressources locales pour une bouchée de mines antipersonnel.

Donc, si je lis en diagonale, j’observe que le moteur des grandes décisions de ce monde n’est rien d’autre que l’argent qui ne peut exister que par et pour l’économie. Aucune question de fond ne vient perturber les agissements calculés froidement et mis en oeuvre de façon tout aussi glaciale et inhumaine. Oh, bien sûr, tout n’est pas noir pour autant! Il y a toujours çà et là quelques bonnes actions pour mieux dissimuler les fourberies de toute nature qu’il est bien plus facile de faire passer ainsi…

Aucune question? Si, peut-être dans la presse où on lit de temps en temps l’article d’un journaliste militant ou les coups de gueule de lecteurs en rade ou désabusés. Mais… Est-ce bien suffisant pour équilibrer la donne?

Du recul grâce à la philosophie

La civilisation grecque n’a pas survécu, malgré des penseurs hors-pairs qui avaient bien compris que la politique entre les mains d’hommes qui aiment le pouvoir ne peut mener qu’à la déchéance. Ils prônaient la politique de ceux qui savent en lieu et place de tout ceux qui prétendent savoir.
Plus de deux mille ans ont passé et pourtant rien n’a changé de ce côté-là: ce sont toujours les démagogues qui tirent les ficelles en instillant auprès des foules la peur sous diverses formes en fonction du contexte ou, bien plus intelligent et redoutable, en réveillant nos peurs les plus profondes.
Dans notre civilisation, où la transformation est en accélération constante, nous avons urgemment besoin de prendre du recul pour mieux avancer sciemment avec des valeurs essentielles qui nous aident à retrouver notre nature profonde. Nous avons besoin de savoir pour éviter de se faire manipuler, pour avancer dans une direction plus humaine, pour ralentir ceux qui nous dictent notre avenir avec grandiloquence et avec cet air hautain qui veut nous déposséder de nos facultés innées et qui dit en ricanant:”Laissez les rennes à ceux qui en sont capables!”.

La philosophie (philein: aimer, sophia: sagesse) nous apporte tous les outils nécessaires pour nous poser les bonnes questions, celles qui nous libèrent de cet étau qu’on ne voit pas, mais qui étouffe de plus en plus de personnes finissant par un burn out ou tout autre crise tragique qu’on lit au hasard d’une nouvelle à sensation dans une feuille de chou gratuite.
C’est la philosophie qui permet de poser tous les éléments d’un sujet de façon objective, avec du recul et avec le but d’en présenter toutes les facettes sans parti pris excepté celui de la sagesse.

Aujourd’hui, et depuis bien trop longtemps, l’aspect humain est totalement éradiqué des stratégies des grands acteurs politiques et économiques de notre planète, sauf quand il s’agit d’exploiter et de contrôler de manière de plus en plus sophistiquée cette ressource dans le rôle d’employé et cette poule aux oeufs d’or dans le rôle du consommateur. Les scrupules sont absents à un tel point que même les enfants sont devenus la cible privilégiée du matraquage commercial!

Je suis d’avis que la philosophie doit être institutionnalisée afin que, partout dans le monde, nulle décision ne puisse être prise sans l’aval d’un conseil philosophique. Il s’agirait d’une censure par la sagesse qui, par des arguments très simples et compréhensibles par tout être humain, permettrait de retrouver le rythme qui est le nôtre pour s’épanouir et évoluer dans le respect de tout un chacun. Je sens déjà les ultra-libéralistes me lancer leurs invectives arguant que toute l’économie en pâtirait et par conséquent que les consommateurs (NB: on parle toujours de consommateurs, de classes, de ressources, mais jamais d’êtres humains) en souffriraient le plus. Bien sûr, ils se garderaient comme de la peste d’avouer que leur motivation est purement mercantile et égoïste, car ils seraient les seuls perdants avec leur système économique totalitaire enfin anéanti.
Je suis un idéaliste, mais en même temps très réaliste, donc pas utopiste. Il est clair que l’institutionnalisation de la philosophie, comme tout changement profond, ne se ferait pas du jour au lendemain. Il est clair aussi que ce changement impliquerait de passer d’un système de manipulateurs-manipulés à un système sages-conscients. Pourtant, je suis intimement convaincu qu’une fois cette période de transition passée, notre civilisation pourrait prospérer en donnant à chaque chose la valeur nécessaire pour évoluer vers une société d’Amour (je parle ici de l’amour inconditionnel) avec tout ce que cela sous-entend: respect, liberté d’expression, etc. etc. (cf. Déclaration universelle des droits de l’homme ).

Philosophie du dimanche?

Il n’est nul besoin d’avoir suivi une filière universitaire pour appliquer les principes de la philosophie dans notre quotidien. Par contre, nous ne sommes pas tous des Platon, Socrate ou Aristote, donc un peu d’intérêt pour le sujet est nécessaire pour apprendre à prendre du recul de façon systématique dans sa vie. Il est des principes de base sans lesquels il est tout bonnement impossible d’évoluer dans ce sens: l’honnêteté envers soi-même et les autres, le respect de soi-même et des autres, la volonté et le courage de se remettre en question et de remettre en question les choses et bien sûr le développement de sa propre conscience. Il existe une multitude de voies qui permettent à quiconque d’évoluer vers ce but et d’obtenir du soutien pour y arriver, mais rien de tout cela n’est possible sans sa propre volonté d’y arriver.

Il est utopique d’espérer un changement soudain au niveau mondial. Ma conviction inébranlable est encore et toujours qu’il est possible de changer le monde en apprenant d’abord à changer soi-même.

Essayez la philosophie du dimanche et restez fermes face à ceux qui vous prennent de haut!

Vous verrez qu’en peu de temps vous serez de plus en plus tentés de l’appliquer aussi les autres jours de la semaine!

😀

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