Internet peut aisément piéger nos enfants!

internet choque aisément nos enfants

The Red Bird and The Piglet by exeypan on DeviantArt.com

Parents encore trop ignorants

Aujourd’hui, si vous demandez à des parents ce qu’ils pensent d’internet et du danger qu’il peut représenter pour les enfants, s’ils se sont un tant soit peu informés, ils vous répondront que oui cela peut être dangereux, mais qu’il suffit de définir la durée d’utilisation avec leurs enfants ou adolescents et de placer le PC dans le salon sous leur surveillance.
Ou alors ils vous diront qu’ils n’y comprennent pas grand chose et que leurs enfants savent bien mieux qu’eux. Peut-être même qu’il seront fiers d’annoncer qu’ils apprennent beaucoup de choses grâce à leurs juniors.
Et il se pourrait même que certains parents dédramatisent à un tel point qu’ils comparent internet à “leur époque” où comme eux, leurs enfants finiront bien par se débrouiller très bien tout seuls…

Toutes ces réponses contiennent du vrai. Malheureusement, elles mettent aussi toutes en évidence à quel point la majorité des parents est ignorante des dangers potentiels bien réels qui peuvent se présenter sur internet.

Porte grande ouverte sur le monde

Internet est un outil fabuleux qui pour la première fois depuis le début de l’humanité (ou du moins dans l’état actuel de nos connaissances historiques) met autant d’informations à disposition pour autant de personnes. De plus, il n’a jamais été aussi facile en utilisant si peu de moyens de diffuser une information à un si grand nombre de personnes.

Toutefois, il est essentiel d’être ici très clair sur ce point: internet est aussi une porte ouverte sur l’ensemble du monde avec toutes ses merveilles et toutes ses atrocités.

Dans les merveilles ont trouve l’encyclopédie Wikipedia, libre et accessible à toutes et à tous, les outils de cartographie qui, comme Google Earth, nous emportent en quelques clics n’importe où dans le monde et la multitude de groupuscules ou d’associations qui sans internet peineraient à se faire connaître pour n’en citer que quelques uns.

Dans les atrocités, je souhaite être plus complet dans mon énumération tout en restant aussi générique que possible.
Il y a bien sûr la pornographie douce et plus particulièrement la dure: zoophilie (scènes avec animaux), tous les degrés de violence sexuelle, scènes avec excréments et la pédopornographie selon la législation suisse. Cependant, il ne faut pas beaucoup de temps à un enfant curieux pour trouver des sites regroupant toutes les catégories possibles et imaginables touchant de près ou de très loin au sujet de la sexualité. Je ne citerai que la gérioatophilie, la nécrophilie et le “bondage” sadique pour provoquer votre propre prise de conscience et stimuler votre curiosité! Je vous laisse le soin de vous renseigner sur l’une ou l’autre expression si vous ignorez de quoi il s’agit!

Puis, il y a tout ce qui peut passer par la tête d’un psychopathe comme l’assassinat, la torture, le passage à tabac, le viol et j’en oublie sûrement!!!

Cependant, il faut aussi penser aux reportages de guerre, aux catastrophes mettant en scène des gens victimes de grandes souffrances, aux mouvements religieux et sectaires extrémistes et j’en passe!!!

Là, je viens de passer en revue les éléments passifs… Ceux qui ont été figés dans le temps par un film, une photo ou un texte…

Maintenant, il existe la même chose en téléréalité, donc tout ce qu’on voit se passe en direct quelque part dans le monde… pour de vrai!

Le violeur ou le kidnapper de rue est aussi actif sur internet! Il récolte petit à petit toutes les informations qui lui sont nécessaires pour perpétrer son acte. Il surfe sur les réseaux sociaux et se fait passer pour un jeune de l’âge des enfants et les flatte, les fait rire, les amuse, les comprends, se lie d’amitié avec eux et use de démagogie pour mieux les attirer dans ses filets!
Et toutes les plateformes s’y prêtent à merveille: Facebook, WhatsApp, Instagram, Google+, etc. Plus je dévoile ma sphère censée être privée, plus je m’expose à tous les dérapages possibles.

Imaginez… Imaginez vous vous-mêmes devant une de ces scènes que j’ai décrites ci-dessus…

À présent, imaginez seulement un instant vos enfants devant une de ces scènes…
Imaginez leur réaction, leur ressenti, leurs émotions, leurs peurs, leur dégoût, leur détresse, l’association qu’ils garderont en tête durant toute leur enfance et leur adolescence, les valeurs qu’il enregistreront à ce moment-là et la vision totalement déformée d’un acte inhumain qu’ils ne sauront pas interpréter par eux-mêmes…

Imaginez…

C’est déjà dur d’en arriver là dans la description, mais malheureusement cela continue…

Les aspects ci-dessus concernent des mises en scène orchestrées par des adultes. Les enfants et les adolescents ne sont pas en reste pour faire preuve de créativité dans le domaine!
Le lynchage, les moqueries et le harcèlement ou mobbing sont autant de comportements qui peuvent tout aussi bien se pratiquer sur internet. Cela humilie, frustre, démolit, agresse et déprime ceux qui en souffrent.

Internet n’est qu’un prolongement du monde avec ce qu’il comporte de bien et de mal et il s’invite si facilement chez nous!!!

Moyens de téléportation

Bon, ben maintenant vous savez ce à quoi vous pouvez potentiellement vous attendre sur un PC.

Mais réalisez-vous qu’un smartphone, une tablette, une console de jeux, enfin tous les appareils qui peuvent se connecter à internet sont aussi des PCs?

Ce sont des appareils ayant des formes, des tailles et des caractéristiques diverses, mais au final cela reste ni plus ni moins des PCs avec exactement les mêmes avantages et les mêmes risques!

Et si votre PC, votre smartphone, votre tablette et votre console de jeux sont bien soigneusement surveillés par vous, en est-il de même pour les appareils de leurs camarades?
Vous savez, ceux desquels ils ne décollent pas les yeux durant la récré, dans les transports en commun, même en marchant dans la rue ou en visite chez leur meilleur ami le mercredi après-midi…

Et les parents dans tout ça?

La connaissance des appareils et des risques sont bien entendu essentiels pour agir en amont.

Mais ça n’est de loin pas tout!

Il existe un aspect très délicat qui n’est pas abordé du tout dans les chroniques touchant à ce sujet que j’ai lues ou entendues jusqu’à présent. Je veux parler du degré de maturité des parents, de leur faculté à dialoguer avec leurs enfants, de leur propre attitude face à ces sujets, de leur aisance ou au contraire de leur malaise, de leur ouverture par rapport à la sexualité ou de leur gêne, de leurs croyances et de leur capacité à se remettre en question et de s’améliorer pour au final pouvoir pleinement assumer leur rôle de parents.
Il clair que le but recherché n’est pas d’isoler complètement les enfants avec l’idée totalement illusoire de vouloir les protéger de tout. Cela provoquerait l’effet contraire, car l’évolution naturelle et nécessaire des enfants est justement de tester les limites, de satisfaire leur curiosité et de construire leur propre personnalité. Et c’est cette étape de création de l’individu qui, durant l’adolescence, débloque le passage essentiel de rejet des parents et de leurs valeurs pour en quelque sorte repartir à zéro avec ses propres expériences.
Donc, ce qu’il est nécessaire de faire, c’est d’abord de se renseigner en tant que parent sur les moyens à mettre en oeuvre pour rester vigilants et encadrer les enfants et les adolescents.

“Encadrer” est le maître mot. Non pas museler, pas forcer, pas isoler, pas ignorer, pas nier, mais encadrer.

Il existe, dans notre beau pays, de nombreuses associations et groupements qui offrent leur soutien aux parents dans de nombreux domaines.

Les médecins de famille, les pédiatres, les psychologues et les écoles disposent de listes de contact de spécialistes qui peuvent renseigner les parents sur quasiment tous les sujets. Et bien sûr, internet reste cette plateforme efficace sur laquelle vous trouverez aussi des contacts utiles!

Mesures de prévention

En même temps que de prendre des mesures techniques pour filtrer l’accès à des contenus choquants, il est indispensable de sensibiliser les jeunes à tout ce qui peut arriver sur internet au même titre que de les informer des dangers de la route, des produits chimiques ou du feu.
Pour ce faire, le dialogue doit commencer très tôt pour répondre rapidement aux premières questions ou premières remarques du genre “Pourquoi lui il a le droit et pas moi?” ou “Mais moi aussi je veux voir des vidéos sur internet!”. Il faut expliquer simplement avec des mots à leur portée, sans faire de mystère ni exagérer, les choses telles qu’elles sont ou telles qu’elles pourraient se présenter.
En fin de compte, une fois que les enfants ont eu un tour d’horizon des situations possibles, les parents se doivent de leur donner des outils pour gérer ces situations le cas échéant.

Un outil très puissant est le “non”.

Enseigner à dire “non” avec vigueur et détermination à son enfant s’il n’est pas d’accord de voir, d’entendre ou de subir quelque chose est crucial non seulement pour sa vie d’enfant, mais bien sûr aussi pour sa future vie d’adulte. Si cela s’avère difficile, alors s’enfuir pour quitter les lieux est une mesure d’urgence tout à fait appropriée.

Cependant, le plus efficace est sans doute de leur apprendre à en parler aux propres parents ou à ceux de l’ami en question (selon la proximité), aux oncles ou tantes, aux grands-parents ou aux professeurs sans risquer de se faire punir, s’ils ont été confrontés à la situation ou s’ils ont vécu une situation pareille. Cela permet immédiatement de décharger ce qui s’est passé pour éviter d’accumuler tous les sentiments décrits plus haut.
Si toutefois il y a un blocage au niveau du dialogue, il est nécessaire de rester vigilant quant au comportement changeant des enfants. Une habitude soudaine, une réaction de violence, de tristesse ou de calme soudain peut dissimuler un état de détresse. A partir de là, soit il est possible de le gérer en famille ou parfois il est nécessaire de faire appel à une aide extérieure.

Voilà, sans vouloir prétendre être un spécialiste, quelques pistes possibles pour des mesures psychologiques d’encadrement.

Du côté de la technique, je vais très brièvement rappeler qu’il existe des outils sur PC qui permettent d’installer une protection parentale avec mot de passe pour limiter l’accès de contenu et dans le temps du PC.
De même, sur les consoles de jeux, il est possible d’en protéger l’accès et de régler le niveau de visibilité des jeux à l’âge défini par le code international PEGI.
Pour les téléphones portables et les tablettes, cela reste encore relativement compliqué de limiter l’accès et le contenu dès le moment où les enfants en connaissent le code. Pourtant, il existe toujours la solution radicale d’utiliser un ancien modèle, bien entendu sans carte SIM, sur lequel on aura au préalable bloqué toutes les connexions WiFi, Bluetooth et NFC ainsi que toutes les applications autres que des jeux. Il est fort probable qu’à l’avenir il sera possible, comme sur les PCs, de créer des profils d’utilisateurs ayant plus ou moins de droits.
Ici aussi, internet prouve son efficacité en vous donnant des solutions au problèmes auxquels vous faites face.

Ces mesures sont bien sûr à adapter à l’âge et à la maturité en constante évolution des enfants pour éviter de donner trop de liberté ou au contraire finir par exagérer par un contrôle totalitaire.

Conclusion

Internet, comme mentionné maintes fois auparavant, est une porte ouverte sur le monde avec ses merveilles et ses atrocités. La différence avec le monde réel est qu’internet s’invite directement chez nous, dans nos chaumières et les divers appareils qui permettent de s’y connecter ne constituent que son prolongement.
Sans un minimum de vigilance, d’actions et de prévention des parents, cet outil puissant peut méchamment se retourner contre les enfants qui l’utilisent.

Alors, vous sentez-vous prêts à présent pour faire bac+10 avec un diplôme de Master en Protection Parentale option Internet?

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